• Angel-isthme... (duo)

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    En amour chaque aile d'amance est charnelle,
    Chaque ange est une terre, un océan, un univers,
    A caresser, parcourir, investir telle une citadelle
    Chaque plume frôle, frissonne la peau à l'envers
    Un voyage aux confins de l'intime,
    De l'immensité à la pulsation infime...  (Ligeia)


    Emerveillement d'un tel voyage imaginaire,
    Dépassement de son être, l'ange prend son envol,
    Pour éparpiller infiniment sa joie tel un lampadaire
    Illuminé dans une ruelle sombre servant d'antivol
    En protégeant les passants qui s'arrêtent un instant
    Pour s'enlacer, s'embrasser inlassablement... (élo)

    Sortir de l'ombre, sortir du nombre des ombres
    Indifférentes aux gangues de nuit qui les séparent
    Se rejoindre en ce moment où le temps s'effondre
    L'abîme franchi, la pulpe des doigts enfin s'empare
    Des fragments de chair, l'élan de deux âmes amarrées
    L'isthme divin les foudroie sous la lumière d'or poudré (Ligeia)

    <o:p></o:p>

    Chute de cette extase, abysses, cœurs en bataille
    Les amants désarmés cèdent à leur témérité
    Sensations de papillons, instant exquis, infernal
    Tel un paradis de délices non consumés
    Envol et plénitude, voilà leurs destinées
    Dans cet ailleurs où tout est léger... (élo)



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  • Lien de sang
    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> 
    </o:p>Au dehors, des fillettes jouent à la corde...
    Une longue corde souple d'un rouge sanguin
    Une artère frémissante tendue entre leurs mains
    Leurs rires couvrant par moment le ton monocorde
    Du balancement régulier, fendant le vent peu amène
    Dans la fraîcheur coupante de ce petit matin laiteux
    Tout se dégrade, du noir de la rue, du gris brumeux
    À leurs blancs manteaux et leurs teints de porcelaine<o:p> </o:p>

    Tranche la corde, objet de leurs cris de joie
    Veine ivre, serpentine, elle s'affole sous mes yeux
    Le sang y circule peut-être encore ma foi...

    Tourbillonne rouge, feule comme un furieux félin
    Les cris se déforment, leurs inflexions changent
    Et ça fait mal au-dedans, ça s'insinue, ça me mange
    Le flux régulier de ma vie semble couler dans ce lien
    Hélas, on ne saute pas par-dessus soi-même...
    J'ai beau oublier... elles oublient aussi la chute
    Un jour, on trébuche, la corde se serre... chut !
    « Ne pleure pas, ça fait grandir » a dit maman qui m'aime <o:p> </o:p>

    « Ne pleure pas, ce n'est qu'un jeu » m'a-t-il soufflé,
    Un jeu de liens écarlates, le lien qui me relie encore à lui,
    Un lien bourdonnant parfois, crasseux de mon sang séché

    Mais ici, la corde tourne dans leurs mains, innocent poème
    Le petit jour translucide se fait moins pâle et dense,
    Leurs sourires l'adoucissent, la corde rougeoie et danse
    Pourvu qu'elles la tiennent encore longtemps... elles-mêmes <o:p> </o:p>

    Et que leurs rires sucrés pansent de vieux cris comme de petits rubans roses...

    Ligeia


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  • Mon petit fantôme

    " On eût dit que sur terre elle n'avait plus d'âme,
    Qu'elle ignorait nos voix, qu'elle était de la nuit
    Ayant la forme humaine et marchant dans ce bruit ;
    Et rien n'était plus noir que ce petit fantôme." (Victor Hugo)

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Il y a certains soirs sans secret
    A la césure infime de l'être
    Où la chair peut toujours saigner
    Sourde un infirme petit spectre
    Il y a des soirs où elle revient
    La petite fille aux yeux lourds
    Cernés de tant de veilles en vain
    Se réfugiant en coton sourd
    Aux plaintes de sa mère psalmodiées
    Pelotonnée au froid rebord
    De sa fenêtre à la croisée
    Le cœur serré de tant d'effort
    Entre les trop fins rideaux blancs
    Elle a peur du loup au dehors
    Elle cherche un son dans le vent
    Les pas qui le ramènent à elle
    Mais seul le silence s'éternise
    Sa plainte l'écrase et l'ensorcelle
    Quelque part, l'amour agonise

    Petite poupée livide tu guettes
    Comme autrefois les pâles lueurs
    Des phares ou les yeux jaunes des bêtes
    Remontant l'allée des douleurs
    Tant de départs et de larmes tues
    Tant de retours au matin blême
    Tant de cris étouffés, non sus
    Temps patient écoulé sans même
    Ces mots qui auraient fait lumière
    La parole, bonté apaisante
    Tu la trouvais sur la face claire
    De ton amie la lune aimante
    Car elle seule pouvait t'écouter
    Dodelinant tel un chaton
    Aux larges prunelles inquiétées
    J'ai oublié de quelle façon
    Tu t'adressais à l'astre béni
    Je ne me souviens pas des mots
    Qui chassaient sans peine la nuit
    Juste de cette échappée belle
    Envolée d'or en voie des songes
    Des yeux immenses veillant sur celle
    Que des silences cruels rongent

    Il y a des nuits d'échappée laide 
    Où le ciel se vide d'illusions
    Le sourire imaginaire cède
    La place à ce gouffre sans fond
    L'enfant en moi enfin s'endort
    Quand une lasse poupée de chiffons
    S'exhume des limbes et pleure et mord
    Seule, seule face au vide si profond
    Ô Ciel ! Qu'enfin s'effondre la nuit !
    Que des pas familiers résonnent
    Rien n'est infranchissable et oublie
    Ces lacunaires secondes qui sonnent
    Tombent, gisent et meurent dans ce spectacle
    Ombre glacée des années sans joie
    Tu hais l'absence comme un obstacle
    Tu es fantôme, enfant sans voix.

    Ligeia

    dédicacé aux pères absents...


    our child


    Ce poème vient d'être lauréat au concours d'octobre consacré au thème de l'absence sur le site de créations littéraires et artistiques Poétiquement vôtre. J'en profite pour remercier tous ceux qui me lisent et encouragent ainsi ma plume.


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  • Le Sillon

    "L'invisible araignée de la mélancolie étend toujours sa toile grise sur les lieux où nous fûmes heureux et d'où le bonheur s'est enfui."
    (Boleslaw Prus)


    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>Mes pieds aimantent le sol en ce petit matin boueux...
    Une étrange brume, faite de songes sales et de poussières de lune attardées qui peinent à réfléchir une quelconque lueur. De la fenêtre, j'aperçois le chemin qui serpente vers ailleurs, il s'enfonce et se gomme au lointain dans les chimériques décors que je ne fais qu'imaginer, toujours... Ce sillon de hasard parcourt la terre humide comme une cicatrice arbitraire, une plaie d'où pourrait sourdre un flux de liberté... Fuir !
    Fuir au cœur du fuligineux brouillard que le froid raconte à la terre encore chaude...
    M'évaporer au gré de ces minuscules pigments volés à la mousse, au sol murmurant, aux écorces fragiles...
    Fuir et me fondre aux nuées, cocons de saveurs ou de colère, voyageurs du Très-Haut semant le mystère jamais vraiment révélé. En ces esquisses angéliques d'un pinceau hasardeux et virtuose, j'ai souvent rêvé de me déliter. Telle la sirène du conte rendue aux franges infinies de l'écume des sept mers, rendre mes sens à l'éther... voyager pour l'éternité. Devenir nuage, messager des saisons,  apportant des courriers réguliers déposés aux confins du monde par ses pluies douces ou salées...
    Me faire pleuvoir sur le monde encore endormi, me fondre aux torrents, caresser languide de mes doigts de sève ou de mes eaux bruissantes les carcasses et les fleurs qui le jonchent. Fuir...
    Mais pour où ? Pour qui ? Pourquoi ?
    Tous les chemins mènent à Rome, dit-on, qu'ils soient longs ou brefs, qu'ils offrent de larges plages ombragées où l'on peut se reposer et goûter à de doux instants de plaisir, qu'ils soient semés d'ornières et de ronces griffues. A l'horizon gris se dressera inévitablement l'autel, l'ultime refuge, la dernière geôle, selon qu'on l'appelle de ses vœux ou qu'on le redoute.
    Au reflet dans la vitre mes yeux s'accommodent lentement...  La balafre noire et poudrée au-dehors se superpose à mon visage. Un leurre me direz-vous ? Non... pas cette fois. De ma face blême entaillée de futur, le masque s'échappe un instant. Je n'ai plus de sourire, plus de regard, juste cette étroite ligne dérangeante que l'on ne devine qu'au miroir... les scories d'une âme souillée d'angoisse. Que la chair est faible !
    En vie, en amour, en envie, sans détour...  la volonté primale de demeurer figé dans la matrice du temps. Suspendre les moments de douceur, arrêter les funèbres tic-tac, refuser que le soleil se lève, rester soi, ne pas se confondre dans l'infini mouvement universel, l'abîme grouillant et composite du Grand Cycle. 
    Retenir l'hémorragie du Temps... seuls le rêve nocturne et ses chimères, pensées filées, dévidées le long du jour le peuvent encore... l'espace d'un instant, celui que chacun leur accorde.
    Mais j'ai tant de chemins à parcourir encore... rire, rêver, imaginer.
    Ma vie m'échappe d'habitude, je me réfugie dans mon imaginaire, un doux refuge, un berceau d'illusions chatoyantes. Des jours où l'enfance me ramène au pays imaginaire dans lequel tout est possible. Je chevauche une étoile qui s'en va faire le tour des planètes et au-delà, je ramasse des pierres de lune et je joue à la marelle sur des nuées océanes à la barbe des dieux et des Titans engourdis. J'invente des mots qui fondent en bouche comme des friandises volées, des monts et des merveilles infinies, des décors de voluptés tendres ou interdites...
    Et puis il y a des jours comme ce petit matin où je ne vis que ma vie, l'oubli de la lumière des tendres jours n'éclaire plus le chemin vers la mort. Des « jours sans » où l'enfant en moi dort, où la mélancolie me mord. Des jours et des nuits où se dévide devant mes yeux impuissants le fil de notre destinée et nous, spectateurs avertis, nous ne pouvons pas l'ignorer. Nous ne pouvons que contempler l'araire qui laboure notre horizon, écaillant de son soc profond les grès et les argiles de notre épiderme si dérisoire...
    Frayez donc ! Et ébattez-vous, pénétrantes toxines, grains échappés du Grand Sablier !
    La Nature est le grand témoin, nous des passagers de fortune ou d'infortune.
    Le vent se réjouira de jouer dans nos chevelures, la terre frémira de nous sentir sur son ventre, l'arbre nous saluera aussi de ses multiples parures...  Et à chacun son tour ! L'Eternelle séduira d'autres âmes.
    L'invisible Moire nous perfuse et nous gruge. Les jolies poupées peuvent bien valser, sourire et s'aimer, leur sang ne bat plus aux tempes, les bourrages de chiffons s'effilochent, les fils de leurs poignets tendus vers les cieux luisent à la lumière de la lucidité, comme la toile de l'araignée que l'on ne voit qu'à l'aurore, parsemée de rosée, entourée parfois du plus majestueux écrin de fleurs aux doux pétales gorgés de vie. Sous la rose envoûtante, les épines croissent, l'insecte se débat vainement dans sa prison emperlée de lumière, les spectres de nos souvenirs viennent hanter nos instants de bonheur.
    Entaché de réel, tout saigne sur la beauté du monde.

    Notre cœur ou notre chair saignera tôt ou tard.
    Toute voix est un bruit,
    Toute image éblouit,
    Tout sourire est grimace,
    Toute caresse me révulse.
    Ma chair saigne aujourd'hui...

    Ligeia

    ange mort

    <o:p> </o:p>

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  • Sept capiteux péchés

    Désir, désirs de tout l'être...
    Caresses diaboliques imaginées, abolies, si fragiles
    Caresses caprices appréhendées, les idées sont érectiles
    Caressons-nous de vœux de joie péchés en chaque lettre

    Grain, grain de ta voix...
    Serments d'amance brûlant tes lèvres en litanies latentes
    Sarments d'un feu aliéné que chaque murmure invente
    Serre-moi de tes sentences, suaves offenses soufflées au fil de soi

    Prunelles, prunelles voraces
    Regards reliés aux maléfices de l'ombre  nous attisent
    Regards dessinant à l'encre fantasque nous hypnotisent
    Regarde-moi au-delà de me voir, réelle, brebis et rapace

    Pulpe, pulpe des doigts...
    Toucher malin électrise, se fige, s'empresse et s'impatiente
    Toucher céleste, sans censure, rampe, galbe et serpente
    Touche-moi dans ce silence suave et volatile sans foi ni loi

    Parfums, parfums poudrés d'étoiles
    Peaux lumières aux effluves secrètes, enivrantes essences
    Peaux lunaires soumises aux malices d'une nuit d'errance
    Pose, impose-moi de sirupeuses débauches sous voiles

    Lèvres, lèvres aux arômes doux amers
    Baiser sucré d'amour ou profond qui mord, friandise érotique
    Baiser succulent et vénéneux « encore », l'oubli a un goût thanatique
    Baise ma bouche, tendre vaniteuse qui tente et tend à te plaire

    Pensées, pensées coupables s'envolent
    Rêve de trêve et de chute chimériques dévoilé dans l'indécence
    Rêve angélique et sombre de tout consumer à l'acide élixir des sens
    Rêvons de ce Nous perpétuel brisant les strates pernicieuses de nos rôles
    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p>
    Ligeia
    </o:p>

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