• Murmures

    Au bord de mes songes ce soir, je suis amarrée, contemplative, entre deux eaux.
    Le rêve a ennué ma réalité, les voiles diaphanes autour du grand lit murmurent une mélodie étrange, des pulsations ivoirines. Le temps m'emporte, je suis à nouveau là-bas... murs blancs, écrans froids, effluves écœurants, perfusions.
    Quelque chose de moi y est resté, ce sera toujours comme ça.
    Goutte-à-goutte, silence, murmures...
    Le rêve m'étreint à nouveau, mes yeux minéraux crèvent la nuit.
    Je vole au-dessus de ce corps étendu que je reconnais trop bien, ce visage qui n'a pu que fixer la fenêtre.
    Au-dehors brasillent des étoiles d'onyx, le vent tresse des notes douces, une mélodie de boîte à musique.
    J'aperçois quelques mots gravés sur une pierre à demi-enfouie sous les mousses parfumées.
    Quelques mots que personne ne lit plus... mais cette nuit est cruelle...
     « Je ne suis pas né, je n'ai pas vécu, mais elle m'a aimé »
    Une épitaphe...

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    Le  vent désormais froid soulève les voiles, le murmure se répand, cristallin et entêtant.
    Poème né du silence, rempli de silences, doucereux et effroyable.
    Est-ce l'empreinte d'une vie enfuie, la rémanence de derniers mots ?
    Est-ce la douleur d'une vie esquissée ou celle d'une mort trop lente ?
    Pourquoi ces murmures ? Pourquoi maintenant ?
    Je n'entends pas les mots, je ne comprends pas ces sons diffus,
    Juste leur mélodie agonisante pénètre mon âme avec effroi
    Et cette voix, si fluette, si fine, si jeune...
    Quel caprice du destin t'a arraché à ta vie naissante ? T'en souviens-tu seulement ?
    Petit ange du crépuscule,
    Si seulement ton cœur avait un refuge ...
    Silence glacial.
    Brisé.
    « Tu veux jouer avec moi ? »
    Oublie que tu ne peux pas jouer, que tu ne pourras jamais rire,
    Murmure encore ces sons à mon oreille,
    Si je peux les entendre, ils resteront comme une lettre d'amour adressée à personne.
    Sur ma page blanche, j'essaierai de les traduire...

    Tu voles à travers les ténèbres, tu te fonds dans la rosée, tu perles comme l'absinthe au coin des lèvres enfiévrées d'oubli, tu te caches parmi les herbes folles, tu flottes, nimbé de lumière parmi les filaments aquatiques de la lune, tu t'enroules et résonnes au cœur de la stèle abandonnée.
    Tu ne me quittes pas.
    Tu ne me quitteras pas.
    Jamais.

    <o:p> </o:p>
    « Je ne suis pas né, je n'ai pas vécu, mais elle m'a aimé »
    Une épitaphe...
    Celle de l'enfant sans nom.
    Son épitaphe invisible, aucune pierre pour la graver.
    Juste des murmures gravés à même mon cœur, à l'encre écarlate du remords.

    « Je suis mort sans te rejoindre, je ne savais pas ce qu'était la lumière du jour, la chaleur de tes bras... je suis mort sans le savoir, sans même penser que l'oubli se refermerait à jamais sur moi, emplissant ma gorge, embrumant mon esprit comme un venin puissant...
     Si j'avais grandi, j'aurais cueilli le reflet de la lune pour en faire un anneau merveilleux que tous m'aurait envié, je l'aurais accroché à mon épaule pour m'en faire un arc magique ! Ou bien j'en aurais ceint le front adoré de ma reine, mon ange, celle dont les bras ont dû tant me chercher...
    Maman, je suis là encore, je suis là toujours... mais qui le sait à présent ?
    M'entends-tu ?
    Viens jouer avec moi dans la clarté brumeuse de cette lune d'été, toi qui m'a trouvé, ne me crains pas, je suis si triste. Je ne t'emmènerai pas mais ose me regarder, cherche bien mon reflet, il est là dans le miroitement des eaux profondes. Ne me crains pas, mon regard n'est plus vide aurait-il été bleu, aurait-il été vert ?... Désormais,  il reflète celui des anges.
    Approche !  Entends mes pleurs sans larmes, offre-moi un peu de ta chaleur... ne me crains pas, je suis désolé, ne me crains pas et viens jouer... je suis si triste...

    <o:p> </o:p>
    « Je ne suis pas né, je n'ai pas vécu, mais elle m'a aimé »
    Une épitaphe...
    Celle de l'enfant sans nom.
    Celle de l'enfant que j'ai tué.

    Si vous lisez ces lignes, ne vous souvenez pas de moi, seulement de ces murmures qui hantent mes nuits.



    Ligeia


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  • "L'église dit que la terre est plate, mais j'ai vu l'ombre sur la lune et j'ai plus foi en l'ombre qu'en l'église."

    (Ferdinand Magellan)


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  • La Vénus d'Ille
    Prosper Mérimée (1844)

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p>Lorsque la Terre paraît conquise et comprise, le Fantastique retourne vers le Ciel, vers l'inspiration divine qui engendre l'art. 
     
    </o:p>
    La statue n'est qu'un corps et son monde minéral ne souffre d'ordinaire d'aucune perversion.
    La statue n'est pas son modèle, sa séduction fantastique ne se manifeste pas par les voies et les gestes naturels des femmes. Par ailleurs, l'érotisme dans La Vénus d'Ille
    est très latent et incertain.
    En dépit de « l'union » finale de la statue et de son époux forcé, le regard de l'homme sur cette apparence de femme est unilatéral.
    Comme face à Hélène et Méduse, l'œil confronté à la statue inanimée ne reçoit aucune réponse. Sa beauté est pétrifiante car elle n'est pas de l'ordre du désir mais de la fascination.
    Là où le désir est créateur pour l'homme, l'objet inanimé est intemporel et ne crée rien lui-même.
    En outre, ce corps déifié et réifié n'est pratiquement jamais touché sans que cela ne soit expressément condamné (par la statue elle-même ?) comme s'il s'agissait d'un blasphème :
    En premier lieu, lors de son déterrement, elle tombe sur le jeune homme qui la hissait à la lumière et son poids lui brise la jambe. On dira étrangement qu'il a été
    « blessé par Vénus. »[7]
    Ensuite, c'est au tour d'un garnement irrespectueux de recevoir à son tour une blessure en recevant à la tête la pierre qu'il venait de jeter à la Vénus :
    « Elle me l'a rejetée ! » s'écriera-t-il, dans la pénombre.[8]
    Enfin, lors du passage de l'anneau à son doigt par Alphonse : elle l'aura, semble-t-il étouffé jusqu'à la mort dans une étreinte nuptiale excessive.
    Même lorsqu'elle sera fondue et moulée en cloche – l'ultime sacrilège envers son intégrité – on dira qu'elle s'est vengée en jetant un sort pour que les vignes gèlent. Dans l'Antiquité, elle pouvait être priée, vénérée.
    En fait, la statue d'aujourd'hui ne peut être que contemplée ; c'est là tout le sens de l'art qui est au-delà de l'utile et du sens.
    N'ayant plus de signification religieuse, elle est réduite à l'œuvre d'art.
    Seul l'œil humain peut l'appréhender (et pas l'esprit) puisqu'elle ne contient plus cette essence divine passée. On peut tout juste la parcourir superficiellement car elle n'est que « ça », une surface lisse et parfaite.
    Par cette vision esthétique et non religieuse[9] du corps, le regard se prémunit aussi contre une réelle vision d'épouvante : celle de la « chose », du non-être qui est peut-être contenu sous l'enveloppe de matière et qui va l'animer.
    C'est aussi pour cela que son apparence tranquillise l'esthète au départ : sa beauté de femme n'est que l'apparence séduisante sous laquelle se dissimule le néant – c'est-à-dire le Mal –
    La beauté féminine, le corps du désir n'est donc qu'illusion.
    Par conséquent, la Vénus incarne la peur d'un passé archaïque brusquement tiré de la terre à la lumière de la science moderne.
    En outre, comme le souligne Michel Viegnes dans son article « Gynophobia », Mérimée reprend dans le contexte contemporain de La Vénus d'Ille une ancienne légende, celle de Vénus et l'Anneau, que l'on situe à la fin de l'Empire romain et du polythéisme, lorsque le Christianisme d'abord toléré devint finalement une religion officielle.
    Comme La Fiancée de Corinthe pour Goethe que Michelet analysa, La Vénus d'Ille traite d'une interpénétration sacrilège entre deux cultes qui ne peuvent coexister.
    Vénus est donc pour Mérimée et pour son époque la figure diabolique par excellence, celle qui ne peut être assimilée qu'à Satan.
    L'image de la statue est celle d'une sorcière païenne et hérétique qui n'a pas voulu se convertir et fait surgir de la terre d'où elle est tirée toutes les anciennes « anti-valeurs » de son temps dont la plus caractéristique est celle de la chair.
    « C'est l'infiltration du nocturne dans le diurne, la contamination du logique par l'archaïque. »[10] 
    Mais c'est surtout l'idée de malédiction – sous-tendue par le paganisme et achevant le récit – qui est importante dans cette angoisse que suscite la statue.
    Cette malédiction ne semble pas être née de « l'éveil » surnaturel de la Vénus lors de l'épisode raconté par le narrateur où il la voit expressive et cruelle.
    Elle semble au contraire venir du fond des âges et « la malice », le « dédain », l'« ironie », la « cruauté » et la « beauté » mêlées de la femme en sont à l'origine.
    Les Romains avaient pétrifié la femme naturelle dans le visible et la matière minérale du corps artistique pour en représenter le mystère et désamorcer ainsi la puissance de sa sexualité.
    Dès lors, tirée de la terre dans un monde où elle n'est plus signifiante, la déesse Vénus agit désormais en femme Vénus puisque l'homme qui l'a touchée en lui glissant l'anneau l'a considérée comme telle. Le geste « barbare » d'Alphonse semble avoir réamorcé cette malédiction millénaire de l'étreinte féminine mortelle.
    L'animation fantastique supposée de la statue pourrait en être la conséquence.
    Il n'est donc pas étonnant que l'idole inanimée soit immédiatement soupçonnée d'une vivification humaine et de tendances diaboliques lors de la découverte du meurtre d'Alphonse. Le visage du mort exprime « les plus affreuses angoisses » et une empreinte marque son corps vigoureux comme s'il
    « avait été étreint dans un cercle de fer. »[11]
    A cet instant macabre où basculent toutes les certitudes dans la confusion et l'incompréhension, une seule réalité demeure stable et immuable : la statue.
    Le narrateur revoit alors son calme cruel, sa « méchanceté ironique » qui prennent enfin un sens après cet événement et il insinue l'idée d'une malédiction :
    «...il me sembla voir une divinité infernale applaudissant au malheur qui frappait cette maison. »C'est alors que le verbe latin cave inscrit sur le socle de la Vénus prend l'allure d'un présage.
    Le narrateur l'avait traduit par « prends garde » et interprété comme une ancienne mise en garde contre l'amour charnel symbolisé par la déesse Vénus certes, mais surtout contre la nature perverse de la femme / modèle réelle :« Si le modèle a jamais existé (...) et je doute que le ciel ait jamais produit une telle femme, que je plains ses amants ! Elle a dû se complaire à les faire mourir de désespoir. »
    La mort violente du jeune époux, Alphonse, vient corroborer cette hypothèse de l'avertissement mais l'accompagne d'un nouveau sens effrayant : méfie-toi certes de la femme réelle, mais aussi de cette femme de métal qui la représente.
    Dans le passé et même dans le présent, Vénus est diabolisée, féroce et insensible, « tout entière à sa proie attachée ! » Femme de chair ou de bronze, tout semble possible pour cette Vénus dont la puissance est préhensible dès le début.
    L'époque trouble et reculée qui l'a engendrée évoque aussi le temps des nations matriarcales et de ses héroïnes guerrières et Mérimée fait également apparaître cet aspect archaïque dans sa créature. Le surgissement insolite de valeurs sociales inversées n'est pas fait pour nuire à l'effet fantastique.
    L'animation de la Vénus s'accompagne d'une virilisation certaine car elle revêt plusieurs traits de force et de vigueur ; elle est toujours décrite comme massive et ce sont des « pas lourds »
    qui signalent au narrateur une présence insolite dans l'escalier la veille du meurtre, un bruit qu'il associe ainsi plus facilement à la statue.
    De plus, elle ne « s'attaque » qu'à des hommes qui sont blessés suite à un contact avec elle.
    Sa puissance est effective puisque, selon l'explication surnaturelle, c'est elle qui tue son « amant » en l'étreignant de force.
    Mérimée signe ici l'image la plus équivoque de la mort amoureuse de l'homme dans le corps féminin que le récit fantastique classique nous ait offert.
    Désir et possession y sont inversés : La Vénus d'Ille
    est, à cet égard, le premier texte français qui traite par le Fantastique l'union improbable et scandaleuse d'Eros et de Thanatos.
    La femme vivifiée dans la statue va tuer l'homme – pourtant vigoureux – non pas par maléfice magique ou un quelconque poison typiquement féminin issu de l'intimité de son corps car celui-ci n'est que vide et matière froide.
    Ce sera un geste violent assimilé à une puissance véritablement masculine.
    L'homme qui d'ordinaire saisit, domine et étreint dans l'amour devient l'objet du désir que la femme étreint dans la mort. Ce subtil renversement opéré par l'auteur n'est peut-être pas sans lien avec le nom d'Ille qui, selon Michel Viegnes, revêt un caractère symbolique fort :
    « (il est)  la confusion des deux pronoms personnels il et elle, comprimés en un « ille » androgyne, qui peut-être lu comme un il féminisé ou un elle au masculin. »
    En somme, la femme-phénomène est ici un corps inerte et silencieux mais aussi un instrument de pétrification. Le nom Ille désigne la terre qui engendre à nouveau le phénomène. Ce bourg éloigné et isolé est montré comme un univers des marges, le monde d'Artémis qui peut s'opposer au monde réel et civilisé, « comme le suggère d'ailleurs le nom d'Ille qui est l'équivalent homonymique d'île.
    Qui dit île dit isolement, d'où fantastique, d'où peur.
    Souvent, le pire monstre n'est pas celui qui porte sur son corps des marques de singularité ou de perversion. Dans le récit fantastique, la monstruosité est latente, elle se déguise sous l'agréable apparence du Même puis se révèle dans l'acte. Le langage du corps, sa forme, sont fantasmatiques et peuvent troubler mais un corps ne devient véritablement fantastique que lorsque c'est l'attitude, le mouvement, le geste de violence qui surgit.
    Même si la Vénus est belle, elle devient monstre aux yeux du narrateur lorsque « quelque chose de féroce », une menace se profile dans son attitude.
    Le corps féminin n'est donc fantastique que s'il sous-entend un acte dynamique, une brutalité à venir. Ici, le non-dit relatif à la violence que l'on devine derrière l'illusion de l'inanimé est le vecteur d'angoisse le plus fort.
    Le Mal n'est même pas de l'ordre du visible, l'agression est psychologique et l'on n'en voit que les conséquences. La monstruosité cachée de l'Autre repousse ainsi les limites de l'imaginaire.
    En définitive, la femme associée à de tels phénomènes d'aliénation cauchemardesque met en évidence la vacuité du féminin, s
    on corps étant réduit à un simple objet d'art – puis même à une cloche, régression ultime de l'objet d'art à l'objet utile – il ne peut être « éveillé » à l'humanité que par le désir masculin.
    En fait, le corps féminin ne peut exister qu'en tant qu'il est artistique, inanimé ou animé d'une présence spirituelle qui l'élève au-dessus de la chair et de la nature.
    L'originalité de La Vénus d'Ille est de lier en un même corps artistique l'objet du Beau et la femme réelle.
    Mais ici, c'est la représentation artistique qui suscite le modèle, la femme fatale qui va prendre corps d'après la statue et non le contraire qui est le processus traditionnel de la création.
    Mérimée pervertit le déroulement naturel des choses : c'est la statue, objet de culture qui est paradoxalement à la source de tout et engendre sa substance mortelle.

    Ligeia

    [1] Mérimée, P. La Vénus d'Ille. op. cit. (p. 17)
    [2] Ibid. (p. 37)
    [3] Ibid. (pp. 33-34)
    [4] De Beauvoir, S. Le Deuxième Sexe, op. cit. (p. 265)
    [5] Ibid. (p. 265)
    [6] Ibid. (p. 265)
    [7] Mérimée, P. La Vénus d'Ille, op. cit. (p. 27)
    [8] Ibid. (p. 32)
    [9] Au sens précédemment explicité de Re-Ligio, le lien logique entre l'esprit et les choses.
    [10] Viegnes, M. « Gynophobia ou la peur du féminin dans le récit fantastique », op. cit. (p. 86)
    [11] Mérimée, P. La Vénus d'Ille, op. cit. (p. 58)



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  • "Ici-bas, on ne peut jamais vivre son rêve, la vie est si petite et le rêve si grand."
    (Carmen Sylva)

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  • Primavera

    La nascita di una stella nella bellezza della tristezza

    Les jolies cohortes de pétales
    N'ont pas encore leurs couleurs
    Ma mémoire les essaime au matin pâle
    La terre porte encore les pleurs
    D'une rosée sans parfum
    Un deuil en étroits sillons bruns

    Je sais l'attente...

    Le ciel est un pierrot borgne
    Jetant le regard d'un soleil falot
    Au sel aride de ses nuées je lorgne
    Mais il ne pleuvra encore ni eau
    Ni ors, ni graines, promesses de vie
    La douce floressance fait envie

    Je sais l'absence...

    J'invoque la marée salvatrice de l'horizon
    Le frémissement infime de mon décor
    Mais l'hiver est l'épine sans la rose au fond
    Le crépuscule jeté sur mon cœur et mon corps
    Tu auras beau dégringoler dans l'immondice
    Flirter avec je ne sais quelle nuée de vices

    Je sais l'espoir...

    Le renouveau m'infligera des douleurs
    Pour l'instant c'est ce silence qui crache
    Méprisant, sur ma violence et mes douceurs
    L'aube certaine me délivrera de ce cache
    Tu sais, je ne te haïrai jamais
    Simplement parce que je t'ai aimé

    Je sais la renaissance...

    Même si j'ai eu tort de toi à l'hiver qui s'éternise
    Bientôt ce sera ta chute qui m'élèvera
    Je ne saurais même plus pleurer d'être éprise
    En vain, aimante comme jamais tu ne seras
    Mon printemps est à venir, le tien est derrière toi
    De l'autre côté, parmi les cœurs purs, près de moi.
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    Ligeia

    </o:p>

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