
Arachnée
Arachnée était une princesse lydienne si habile dans l'art de filer qu'Athéna en conçut une terrible jalousie et déchira une de ses tapisseries illustrant les amours des dieux métamorphosés. Effrayée, la jeune fille se pendit et la déesse la transforma alors en araignée.
Le thème de la métamorphose par grossissement présentée parfois dans le récit fantastique (comme dans l'Araignée d'Eau, conte de Marcel Béalu. 1945) rejoint l'interprétation que l'on a pu donner du mythe d'Arachnée.
Celle-ci a dévoilé aux yeux des dieux que leur inclination érotique à la métamorphose était aliénante (ils devenaient ainsi proches des mortels et des animaux.)
Elle fut donc aliénée elle aussi pour avoir porté ce jugement et avilie dans l'animalité. L'araignée serait donc un « ange déchu », une créature clairvoyante punie pour cause d'Hubris.
Sur le plan esthétique, le châtiment d'Arachnée va plus loin car elle est punie en tant que démiurge.
Par son art, elle représentait le divin, l'invisible et par-là même, se rendait coupable de l'ultime et impossible métamorphose : celle de l'humain, de l'artiste en dieu.
Princesse lydienne, l'Autre au sort déconfit
Arachnée la tisseuse, démiurge filant sans rimes
Clairvoyante rendue à l'animalité avilie, punie
Ange déchu d'une trame dévidée jusqu'à l'intime
Elle étoile, multiple, les ténèbres de mes attentes,
A la voûte nocturne, c'est son châtiment qui hante
Mes vers sous voiles nimbés de claires errances
Au silence rendu des métamorphoressences.
Ligeia
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