Discours à la lune
Mère au sein lourd
D'où jaillit la voie lactée
Qui me porte au creux de son amour
Au plus profond de la nuit voilée
Tes rondeurs me font chavirer
Ta blancheur, je ne cesse de m'y égarer
J'y inscris l'écho de mes tristes pensées
Et dans ta bienveillance je viens me consoler
Tu sais mon histoire
Tu me sais aussi
Et dans la clarté de ton soir
Tu sais que je te confierai mon ennui
A chacun de vos baisers
Le vent qui souffle sur toi en amant
Disperse en poudre dorée
Des milliers d'étoiles dans ton firmament
Petites lueurs nées de vos émois
Elles illuminent mes yeux
A chacune je lègue un peu de ce que j'ai en moi
Allégeant mon cœur si malheureux
L'obscurité tout aussi épris que le vent
S'est ainsi à ton insu travesti
Vêtu d'un voile transparent
Il t'épie, rongé par la jalousie
Je retrouve en lui cette même image qui me hante
L'image d'un cœur brisé qui se recroqueville
Je retrouve en lui les cernes des nuits démentes
Où l'on glisse par moments dans la folie
Mère au sein plein
D'où coule la lumière de la nuit
Porte-moi, moi qui suis ton enfant
Porte-moi jusqu'à ce que me reprenne la vie
L'arc de ton corps en croissant fera mon lit
La douceur de ta courbe bercera ma nuit
Et quand au petit matin je me réveillerai à la vie
J'aurais retrouvé mes envies
Tu sais que je suis en sursis
Tu sais comment est ma vie
J'ai peur de chaque jour, de l'ennui
Et ne retrouve qu'en ton soir mon appui
A chacun de ses regards, je me meurs
Tu sais comme déjà je l'ai aimé
Chacune de ses absences éveille mes peurs
Tu sais comme déjà mon cœur a saigné
Alors, mère blanche, laisse-moi une chance
Avant que le compte à rebours ne s'enclenche
Libère l'ascenseur des rêves qui mènera vers toi mes sens
Que dans l'irréel de ton monde, je prenne enfin sur le temps ma revanche
Je suis malade d'amour, de sentiments
Malade de mots doux, de boniments
Mes pensées happées par ton reflet, je me rends
Mais ne révèle pas ces chemins qu'ont tracés mes larmes en coulant
De ta douce chaleur, inonde donc mon visage
Pénètre mes pupilles, mes paupières ne te retiendront pas
File dans mes veines en bouillons et trace y ton sillage
Emplis-moi de lumière, libère la vie en moi...
Shad
Avec l'aimable autorisation de mon amie de plume, mon Ombre sœur dont vous retrouverez aussi les écrits sur Poétiquement Vôtre.
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