
La dernière forêt
(tableau de Max Ernst. 1870)
La dernière forêt se dresse, imposante et fière
Elle inquiète et fascine telle un visage sans yeux
Fil des entrelacs de ses membres mystérieux
Les formes torturées qui se délitent et errent
Pas l'ombre d'un regard en profondeurs intimes
Où la nature grouillante se fait presque charnelle
Où la surnature jaillit furtive et si belle
Des racines momifiées aux ardentes cimes
La dernière forêt se dresse, imposante et fière
Impénétrable, avide, polie en miroir
C'est elle qui décide qui pourra s'y voir
Pas l'ombre d'un regard en profondeurs intimes
Mais à la croisée mobile où nul ne s'arrime
L'astre percé nous saisit en orbe, scrutateur
Ligeia
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