Possession
Toi, l'homme fort, terrien solitaire et pragmatique,
Pourrais-tu entendre et comprendre sans panique
Que même lorsque tu n'es pas présent dans mon décor
Tu es là, contre moi, en moi, même quand je m'endors ?
Oiseau de nuit posté à la clarté de mes songes voyageurs
Tu t'éveilles à la faveur de l'ombre pour y poser tes couleurs
Tu veilles de loin sur ce sommeil dans lequel tu t'immisces
Psychopompe avide, tu dévides et t'accapares même mes vices
Ton regard s'est posé sur moi avant même que je ne voie le tien
Et tu as pénétré en moi dès que tes mots ont effleuré les miens
Bien avant nos jeux érotiques, tu avais déjà investi mon corps
Bien plus profondément que ton sexe ne pourrait le faire encore
Parfois, lorsqu'à chaque coup de reins, tu t'enfonces de plus belle
Il m'arrive d'imaginer que tu investis entièrement ma citadelle
De si loin comme au plus proche tu me possèdes, cher Vampire
Toutefois, tu n'imagines pas alors que cette emprise empire
Qu'au plus fort de nos étreintes réelles ou rêvées à vivre
Mes dents pourraient subrepticement marquer ta chair ivre
Ces bijoux d'ivoire dévoilés sous mes lèvres enfiévrées d'espoir
Te marqueraient et je te boirais comme le plus délicieux nectar.
Ligeia
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