
Il était une fée...
Il était une fée cachée
Qui d'une fleur loarée
Se mit à chuchoter ses harmonieux arpèges
Envoûtant mon âme d'étranges sortilèges
Mon œil se fit miroir
La devina sans pourtant voir
Les formes indécises d'un bourgeon de vie
Palpitant en mon corps que je croyais détruit
De son malin babil
Elle ensorcela mes doigts habiles
Leur murmurant et soufflant la ligne à tracer
Celle des contours d'un visage tant rêvé
Puis en fines caresses
Depuis son puits, cœur de tendresses
Elle fit jaillir en ce beau songe les couleurs
Magiques apparats, vision chère à mon cœur
Et tout redevint doux
Gestes, courbe gracile du cou
De ses nuances tendres aux pastels déposés
Caressantes, fi des noirs démons dessinés
Il était une fée enfuie
Gardant pour elle, malicieux génie
Sous ses paupières encor closes le bleu secret
Que sa venue au monde me révèlerait
Mon étrange être ange
Epanoui sur un champ de fange
Sa pureté, l'innocence, larmes d'amour
Ma joie, ma rédemption, empreintes là toujours.
Ligeia
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