
Romance astrale
Là, le sable infini s'égrène patiemment,
En mines salines iodées, feux du couchant,
Il accueille mouvant en formes émondées
Nos silhouettes courbées, délacées, enlacées
Hier, un soleil gluant a emmiélé nos peaux
D'ambre en pain d'épice, couleurs, saveurs du chaud
Courbes aqueuses pigmentées de grains de juillet
Caresse humide granulant en sucré-salé
Qu'importe les autres là-bas et leurs guerres lasses
Déportées en oubli les attentes voraces
Avec elles, les noirceurs des pâles apparences
L'acéré puits gouffre des belles convenances
L'été et la nuit montent en insectes fols
Saouler de leur magie nos deux chairs qui s'affolent
Deux ombres éjectées du réel et du temps
Se découvrent et se fondent en sève de présent
La flamme de l'instant se fait souffle limpide
Lapidé d'oubli, demain se meurt insipide
Hier n'a plus que l'écho lointain des envies
A la lune câline, le rêve dure une vie.
Ligeia
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