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Tu n'es pas de celles qui plantent des arbres.
Tu n'aurais pas la patience ni la constance de les choisir, les bouturer, les soigner, les voir pousser, s'enraciner, grandir.
Tu n'es pas de celles qui se posent pour observer, explorer, saisir doucement la vibration profonde sous la surface des choses.
Tu n'es pas de celles qui prennent le temps de créer leur propre jardin.
Non.
Tu préfères bouger, butiner partout, te disperser en croyant comprendre et connaître.
Boulimique de sensations, de changements, d'émotions vives.
Et de fuite.
Même si on se fuit toujours soi-même au final lorsqu'on n'aime rien tant que les départs. Tout montrer, le joli seulement, pas le vrai, bâtir un rêve préfabriqué pour les yeux des autres. Toujours mieux, toujours plus. La validation. Une quête sans fin.
Non, toi tu préfères piller le jardin des autres.
Tu es comme l'oiseau voleur qui va déposer ses œufs dans le nid d'un autre en sacrifiant ceux qui étaient là. Et tu es déjà loin quand les germes que tu as déposés ont provoqué tant de dégâts.
Tu es volatile, inconséquente, vaniteuse.
Capable de laisser une terre brûler vive sans te retourner.
"C'est pas ma faute" en credo.
Tu n'es pas de celles qui plantent des arbres.
Tu es de celles qui les coupent, qui utilisent leurs branches, qui arrachent leurs fleurs pour les porter en parure.
Fort heureusement, tu n'as pas pris le temps non plus de me déraciner
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