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FLEURS SELENES

Odyssée nocturne entre Eros et Thanatos

Femmes-serpents (Illustration de Boris Vallejo)

Publié le 7 Juillet 2007 par ligeia77 in dévoration, echidna, érotisme, fantastique, hybride, hybrisisme, méduse, mythe serpent, reptile, Vallejo, vouivre

 Echidna et les femmes-serpents

Les mythes auxquels je fais référence inscrivent la femme dans la fonction de dévoration qui est l'inverse de la naissance ; image fortement poétique sur laquelle s'articule Aurora (nouvelle d'Alain Dorémieux. Grande Anthologie du Fantastique 2. Omnibus)

Je laisse volontairement de côté le mythe de Méduse et la légende de la Vouivre qui méritent à eux seuls que l'on s'y attarde ultérieurement. 
La figure mythique qui est vraisemblablement à l'origine de ce type de fiction est donc celle d'Echidna (la Vipère.)
Créature au buste parfait de femme, son corps se terminait, tout comme l'hybride de Flaubert, par une queue de serpent.
Elle passait pour avoir enfanté le chien infernal Cerbère, l'Hydre reptilienne, le lion de Némée, l'aigle bourreau de Prométhée (auxquels Héraklès fit un sort) mais aussi et surtout la Chimère et la Sphynge.
Mère calamiteuse de tous ces monstres, elle est à la fois constituée d'une part féminine séduisante (relative à l'Eros) et d'une part ophidienne repoussante (relative au Thanatos.) Mais les deux sont dévoratrices, aspect qui est mis en lumière dans Aurora.
Louis Soubeyran[1] décrit lui aussi dans un article cet hybridisme mythique infernal : il évoque une race fantastique de jeunes filles extrêmement belles qui, comme les Sirènes, charmaient et attiraient les hommes.
Cependant, elles étaient étrangement plongées dans le sable jusqu'au ventre, immobiles comme des plantes. Elles cachaient en fait un corps terminé par un serpent venimeux en guise de sexe. Dès qu'elles se saisissaient de leur proie, le sexe reptilien, animé d'une vie indépendante, se faisait bouche et mordait mortellement la victime qui était ensuite déchiquetée et dévorée simultanément par les deux orifices du monstre ; la bouche séduisante de la fille et celle du reptile.

Ligeia

Femmes-serpents (Illustration de Boris Vallejo)


[1] Soubeyran, L. « La femme dans le cinéma d'horreur » in. Le Féminin Fantastique, (p. 111)

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L
Peur ancestrale...... ravivant les complexes de castration : prendre une femme au risque de se faire arracher le sexe par cette bouche d'ombre et de se faire dévorer ! Voilà qui fait réfléchir. Mais pas trop...
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