Si j'étais à toi
Si j'étais à toi,
Non, je ne t'écrirais pas
Ou sûrement pas ces mots-là
Ces douloureux maux du vide et du manque en moi
Si j'étais à toi,
J'attendrais, nouée, le « Tu »
Celui de tes lèvres charnues
Déposé en offrande au souffle de ta voix
Si j'étais à toi,
En prisonnière volontaire
Je m'asservirais à te plaire
Car je jouirais de ce que tu aimes en moi
Si j'étais à toi,
Je resterais apaisée
Après l'amour, réconfortée
Du refuge de tes bras, je ne fuirais pas
Si j'étais à toi,
Ma vie ne coulerait pas
Comme ce sable entre mes doigts
Elle épouserait ces contours tracés par toi
Si j'étais à toi,
J'effacerais tes prières
Vaines rancœurs au sel de la terre
Au bleu ciel-de-lit je réduirais les combats
Si j'étais à toi,
De pleurs en rires aux éclats
Nos lendemains ne seraient pas las
De palpiter encore aux frôlements de nos doigts
Je ne suis pas à toi
Si près, si loin déjà nos deux ruisseaux de vie
Fuguent à l'abandon leur lente mélodie
Au hasard de ce cours qui lui seul fait sa loi
Ligeia
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