
"Les aubes sont navrantes. Toute lune est atroce et tout soleil amer."
(Arthur Rimbaud)
Comm. Edit :
La poétique de l’aube chez Rimbaud semble similaire à celle du crépuscule chez Baudelaire. Le paradoxe de cette heure indicible réside dans la volonté de la mort alors que le cliché de l’aube signifie le contraire. La poésie de Rimbaud refuse tous les soleils mensongers parce qu’ils ont accepté et validé l’ordre établi, l’ancien monde après la défaite de la révolution. Lui la réfute et inverse la vision générale : Parce que la lumière de son temps est pour Rimbaud un grand mensonge, il choisit la mort dans son éternité de l’aube apocalyptique... son crépuscule ne serait sans doute pas plus gai puisque c'est aussi un moment vertigineux où l'on bascule d'un état à l'autre.
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