Les jolies cohortes de pétales
N’ont pas encore leurs couleurs
Ma mémoire les essaime au matin pâle
La terre porte encore les pleurs
D’une rosée sans parfum
D’un deuil en étroits sillons bruns
Je sais l’attente...
Le ciel est un pierrot borgne
Jetant le regard d’un soleil falot
Au sel aride de ses nuées je lorgne
Mais il ne pleuvra encore ni eau
Ni ors, ni graines, promesses de vie
Une douce floressance d’envie
Je sais le vide…
J'invoque la marée salvatrice de l'horizon
Le frémissement infime de mon décor
Mais l’hiver est l’épine sans la rose au fond
Un crépuscule jeté sur mon cœur et mon corps
Le passé mouvant change ton visage
Le futur assène les griffes de l’incertain
Je sais le chagrin…
Le renouveau m'infligera ses douleurs
Pour l’instant c’est ce silence qui crache
Méprisant, sur ma violence et mes douceurs
L’aube certaine me délivrera de ce cache
Et tu auras beau dégringoler dans l'immondice
Flirter avec je ne sais quelle nuée de vices
Je sais l’espoir…
Même si j'ai eu tort de toi à l’hiver qui s’éternise
Bientôt ce sera ta chute qui m’élèvera
Je ne saurais même plus pleurer d’être éprise
En vain, aimante comme jamais tu ne seras
Tu sais, je ne te haïrai jamais
Simplement parce que je t'ai aimé
Mais…
Fermé aux cieux, ivre de ton néant
Bouquets interchangeables et vaines apparences
Tu ne sauras jamais que l’impermanence.
Mon printemps est à venir, en vrai don de soi
Sans conscience, le tien est derrière toi
Je ferai une place pour qui la méritera
De l'autre côté, parmi les cœurs purs
Près de moi.
/image%2F0655032%2F20250115%2Fob_13e62d_1616350740295.jpg)
/image%2F0655032%2F20241209%2Fob_347578_capture-d-ecran-2024-11-06-210917.png)