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FLEURS SELENES

Odyssée nocturne entre Eros et Thanatos

Avant Noël

Publié le 22 Décembre 2025 par ligeia77

 

« Le moment le plus solitaire dans la vie d'une personne, c'est quand elle voit son monde entier s'effondrer, et tout ce qu'elle peut faire, c'est regarder fixement. Ce n'est pas l'éclatement lui-même qui vous brise, c'est le silence qui suit, l'espace calme où vous réalisez qu'il n'y a plus rien à sauver. Et à ce moment-là, vous savez que vous ne serez plus jamais le même. Vous construirez peut-être quelque chose de nouveau, mais ce ne sera jamais ce que vous avez perdu. »
(F. Scott Fitzgerald)
J’ai écrit, lu tant de choses à ce sujet depuis plus d'un an, j’ai décortiqué consciemment et dans une forme de boulimie intellectuelle tous les mécanismes qui me permettraient de mieux saisir qui nous sommes. En te ramenant à ta condition objective d’homme d’une part (généralisation) puis en focalisant sur TON parcours subjectif d’homme. D’enfant devenu homme.
Sauf que j’en suis tout de même arrivée au stade où je me tais davantage.
Et oui, je voulais une histoire d’amour, moi. Pas un doctorat en psycho.
Et j’en avais assez bavé, j’estime.
Les hommes qui trompent et restent ne sont pas courageux.
Ils sont souvent profondément égoïstes.
Parce que tromper, c’est l’adrénaline. Rester, c’est la survie. Ils ne veulent pas “perdre”
Ils voulaient surtout garder les deux.
Et voici la peur que beaucoup de femmes comme moi doivent alors regarder en face :
“Tant que tu pardonnes sans conséquence, tant qu'il n'acquiert pas une conscience, il ne choisira jamais.
Il continuera. Parce qu’il sait que tu resteras.”
Et cette peur est bien plus dangereuse que tout le reste.
Parce qu'après des années d'un chemin lumineux, elle plonge la femme trompée dans la nuit de l'insécurité.
Savoir l'autre capable de cette « dissociation », même pendant quelques mois, est profondément décevant. Déjà parce qu'on l'avait idéalisé oui sans doute. Mais aussi et surtout parce que pour moi, seuls les hommes machos et primaires, insensibles et immatures en étaient capables.
Moi, je pensais que tu m’aimais comme moi je t’aime.
Et tu sais aujourd’hui avec quelle entièreté, avec quelle loyauté et quel respect moi je t’aimais.
Tu n’as pas besoin de preuves supplémentaires.
C’était un cadeau que tu ne méritais pas.
Celui que tu dis vouloir mériter désormais aujourd’hui. Et moi, je dois accepter que tu ne m’aimais pas avec cette honnêteté.
Il te faut je le sais de la patience pour absorber mes coups de sang quand tout se réactive chez moi.
Car je le suis aussi tu sais : fatiguée, épuisée, vidée, usée de tant d’émotions et de pertes déchirantes.
Aimer quelqu’un qui a menti use plus que de le perdre d’un coup. La perte fait mal, parfois brutalement, mais elle est claire. Le mensonge, lui, est une érosion lente. Il ne détruit pas d’un coup. Il fait vivre dans l’incertitude permanente, dans le doute constant sur le présent comme sur le passé (combien de fois l’a-t-il fait ?), dans cette sensation que quelque chose ne collait jamais tout à fait. Le mensonge ne blesse pas seulement par ce qu’il cache, mais par ce qu’il oblige à faire ressentir. Il pousse à analyser chaque mot, chaque geste, chaque silence. On commence à se méfier de son intuition, à se demander si l’on exagère, si l’on est trop méfiante, trop exigeante. Et peu à peu, ce n’est plus la personne qui ment qui doute, mais celle qui aime et qui doit chercher une vérité qui auparavant était fluide et apaisante.
Aimer après le mensonge, c’est aimer sans sécurité. Même les moments heureux sont contaminés par une question silencieuse : « Est-ce vrai ? ».
La confiance, une fois fissurée, ne réapparaît jamais indemne, même quand on pardonne. Elle reste fragile, instable, prête à se briser au moindre détail incohérent. Elle provoque des peurs, des crises, des colères, elle réactive le chagrin le plus oppressant.
Tous ces moments difficiles ne sont que la conséquence immédiate de la confiance brisée. Celle qui nous met face à la part d’ombre de celui qu’on croyait connaître.
Et celle qui a éveillé ma part d’ombre à moi.
Le pire de chacun d’entre nous.
Une femme amoureuse peut pardonner une confession spontanée. C'est une preuve de respect que d'avouer une faute ponctuelle qu'on regrette sincèrement.
En revanche, elle ne peut pardonner facilement quelque chose de durable qu'elle a découvert par elle-même après avoir été dans une quête éperdue de vérité, avoir réclamé l'aveu de ce qu'elle devinait en vain, avoir reçu des dénégations en série, jusqu'à entendre qu'elle était folle de le soupçonner depuis le début.
Parce qu'une fois que cette femme doit rassembler la vérité toute seule, la blessure frappe différemment. Le temps et les mensonges se sont accumulés. La facture s'alourdit. Ce n'est pas seulement la trahison, c'est l'humiliation de réaliser qu'elle a défendu son amour, lui a fait confiance et a douté de sa propre intuition juste parce qu'il lui a dit qu'elle "réfléchissait trop".
C'est le moment où elle comprend que la vérité n'a jamais été le problème principal. C'est toute la mascarade qui en a découlé, le décorum qui devait la cacher et qui était l'ultime manque de respect :
Ajouter la lâcheté à la blessure première.
Quand elle doit devenir enquêtrice au lieu de pouvoir compter sur celui qu'elle aime, quelque chose dans son cœur se ferme. Elle se retire sur le vide laissé là où son cœur battait tranquillement. Elle le voit différemment. Et aucune excuse ou explication ne peut renverser le fait qu'il a choisi de la laisser se noyer dans la confusion et des doutes insupportables plutôt que de se lever et d'assumer.
Une confession immédiate peut libérer et ramener le respect. Je le sais aujourd’hui.
Alors qu’une découverte, surtout après le gaslighting, devient un point de rupture qui fait toucher le fond.
Parce qu'une fois qu’on a réalisé qu'il était prêt à la laisser croire qu'elle était "parano" juste pour protéger ses mensonges, elle ne le regardera plus jamais de la même façon.
On lui a offert l’illusion d’un refuge, pour finalement laisser derrière un vide encore plus profond que ses anciennes blessures. Chaque jour qui suit cette épreuve, il y a la sidération puis la révolte, la colère et enfin la tristesse : Le chagrin est le dernier acte d’amour que nous offrons à ceux que nous avons aimés. Là où la peine est profonde, l’amour l’était tout autant. Ce chagrin, s’il est immense, c’est qu’il reflète l’immensité de la déception. Et donc de l’amour.
Choisir de sauver son amour est courageux mais coûte plus cher : cela coûte la paix intérieure, la confiance en soi, parfois même l’estime de sa propre valeur.
Parce que l’amour a besoin de vérité pour respirer, sans honnêteté, il devient un combat intérieur permanent. Et comprendre cela, c’est souvent le premier pas vers un amour plus sain, vers la décision courageuse de se choisir enfin. Même s’il faut pour cela redoubler de présence, d’intimité, de « parler vrai » et de garanties.
Et au milieu du chemin, si l’on choisit de cheminer ensemble, il faut accepter de « grandir », chacun à sa manière, avec ses propres failles à « réparer ». Pas pour « réparer » l’autre, mais pour devenir meilleur soi-même afin de ne plus blesser l’autre.
Parce qu’au fond, briser un cœur, c’est aussi laisser une partie du tien derrière toi. Et ça, tu ne le comprends vraiment qu’après.
La vraie liberté n'est pas de faire tout ce que l'on veut mais d'accorder à nos choix une libre conscience : celle de pouvoir se regarder en face, même quand on est seul.
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