« J'habitais seul un monde de plaintes, et mon âme était une onde stagnante. » (Edgar Allan Poe)
Vénéneuse fleur liée d’habitudes
Sur tes pages tu tissais les fils de ta rancœur,
Et sous tes dentelles, t’enivrais de dangers
Déposer les armes, ô grand jamais !
Se garder d’aimer, seulement jouir
Nul ne sait,
Nul ne devine,
Les étaux de fer et de larmes que tu te destines
Triste fleur trop vite éclose,
Tu t’emmurais sous le givre de ton cœur,
Figeant ton masque quotidien
De sourires étudiés, glaçante comédie
Plus d’intime au palais des pâles peurs
Nul ne sait,
Nul ne devine,
Les sursauts qui parfois t’animent
Fragile fleur née un jour de mai,
Tu crus périr pourtant un soir d’avril,
Soleil enfui, lune percée
Aura léonine enfouie, son sourire, ton rocher
Ton futur s’effondre dans la gorge hideuse du présent
Nul ne sait,
Nul ne devine,
Les espoirs rendus à l’ombre que ton cœur dessine
Plus jamais, plus jamais
Répète le tic-tac entêtant de ton obsession
L’aiguille acérée des secondes se dandine
Prisonnière entre tes mornes heures
Et le soyeux, triste et vague bruissement du dehors
Nul ne sait,
Nul ne devine,
Que le Doute est le pire des venins
Goutte à goutte, ta nuit n’a pas de fin
Ligeia
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