/image%2F0655032%2F20260124%2Fob_832463_photo-2025-06-26-21-14-21.jpg)
Parfois, on avale le poison goutte à goutte,
Tout en esquissant un sourire qui ne ressemble en rien à notre douleur.
On dissimule la plaie dans nos flancs,
Comme s’il s’agissait d’une médaille dont on aurait presque honte.
Je n'ai pas choisi la douleur, mais elle m'a choisie moi.
Depuis je la traîne, elle me gêne, me pique, m’étreint et parfois me dévore.
Elle me rappelle aussi que je suis vivante.
Comme une écharde plantée trop profond dans la chair.
Un clou fiché là, inaltérable.
Le temps ne recoud rien, ne répare rien.
Il repeint juste les murs en noir et clôt les volets.
Mes cicatrices ne sont pas des souvenirs.
Ce sont des cages sans clef avec des barreaux de mots.
Trop de mots.
Chaque matin, elles m’arrachent du sommeil avec leur fourmillement.
Elles me consument comme des braises sous la peau.
Elles s'accrochent à moi comme des parasites.
Elles respirent à l’unisson comme des coups de cutter dans l'âme.
Elles sont le prix de ma survie.
Le contrat signé dans la douleur.
Car j'ai payé comptant.
La part morte de nous.
/image%2F0655032%2F20241209%2Fob_347578_capture-d-ecran-2024-11-06-210917.png)