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FLEURS SELENES

Odyssée nocturne entre Eros et Thanatos

Devenir soi

Publié le 21 Septembre 2025 par ligeia77


Je ne crois pas, je ne veux pas croire au Destin.
J’ai toujours dit et avancé bien fort que nous étions la somme de nos choix. C'était une sorte de mantra, une conviction profonde qui ne serait jamais démentie et que j'avais érigée en étendard, persuadée que j'avais le contrôle. Toujours. 
Il arrive pourtant que la grande mer capricieuse de la Vie fasse de nous ses jouets et nous devenons pour un temps la somme des choix d’autres personnes. Bien malgré nous.
Pas des erreurs des autres. De leurs choix.

Difficile de reprendre la barre du navire.
Après un traumatisme, on ne se « reconstruit » pas. On devient juste une autre personne, un prolongement inédit de soi. Une autre version, disons « imprévue », de ce qu’on aurait dû devenir.
Plus ou moins meilleure, plus ou moins bancale.
Mais plus jamais la même. Plus dure, plus obstinée que jamais, c'est certain.
Et pourtant, on ne voulait pas être fort. On voulait simplement être heureux. Mais on ne maîtrise rien. Le contrôle est une illusion.
Oui, j'ai changé. On ne me reconnaîtra peut-être plus. J'ai étouffé, tu, tué tellement de versions de moi pour avoir l'air si calme aujourd'hui... 
Chaque bon souvenir vient me narguer de son contrepoint maléfique, de son image inversée trop douloureuse. Alors, regarder en arrière même par nostalgie, est un piège qui fige inutilement.
Le nouveau moi ne prétend pas être autre chose que ce que j'étais vraiment au départ. Les sales coups de la vie sont juste d'effroyables révélateurs. Je m'habitue doucement à ce genre de force fébrile qui coule dans mes veines. Elle est riche de souffrance, de croyance en des valeurs profondes comme la loyauté, la vérité, le respect de soi et la justice. 
Et de dépassement.

Je n'aspire plus aux choses qui me rendaient belle. J’aspire à ce qui rend vrai. J’aspire à ce qui touche mon esprit. Durablement. En choisissant. Parmi des non-choix évidemment. Pas ceux auxquels j'aspirais. Ce n'est qu'une histoire toujours trop longue de deuils à faire.

Et un désir d'être pour les autres ce que j'ai toujours souhaité qu'ils soient pour moi.
Sans compromis ni compromissions.
Je n'ai pas d'yeux qui recherchent l'approbation à tout prix. Ces yeux immatures qui courent après des rêves, des ombres, des regards volés. Ce regard inquiet qui a besoin d’être vu, aimé, validé. Ce regard narcissique, esclave des apparences qui va servir du baratin sur commande juste pour attirer et posséder l'autre, pour un temps, et qui en croyant le manipuler, se fait manipuler lui-même comme un pauvre pantin. Ce corps avide de "perfection" qui a besoin de briller, peu importe auprès de qui, sans conscience que c'est juste du tape-à-l'œil et qu'on a l'éclat fugace d'un métal de seconde main tout juste bon à aguicher les pies voleuses. Cet appel silencieux à l’autre, à tous/toutes les autres, le refus d’être oublié.
Et je vomis ceux qui empruntent ce chemin délétère.
Ma volonté essaie de se porter sur tout ce qui rend justice et guérison. Je suis pleine d'amour vorace inaccompli. Et vide d'être consumée par des choses qui n'ont au final vraiment pas d'importance.
Ne pas se méprendre : Je suis toujours remplie de mille morceaux brisés.
Je suis juste en train de les réorganiser tous.

J’ai lu : « Si tu penses que la vie est injuste, sache que certaines épreuves cachent parfois un sens plus grand qu’on ne peut le percevoir sur le moment. Oui, je sais, c’est difficile à entendre quand la douleur ou la déception t’envahissent. Pourtant, il arrive que ce que tu crois être une perte, un échec ou un détour soit en réalité un bienfait à plus long terme. Alors, même dans les moments où tout paraît injuste, essaie de garder une petite lueur de confiance : la vie peut te guider là où tu dois être, même si pour l'instant c'est inconfortable, difficile, voire même cruel. Souvent, ce n’est qu’après coup, quand tu regarderas en arrière, que tu comprendras le sens de cette épreuve."(C. Cellier)

Non. Je ne crois pas, ne veux pas croire au destin. Ça déresponsabilise. Ça voudrait dire par exemple que certaines rencontres étaient inévitables et ce qu'on en a fait aussi ? Non, on a toujours le choix. Le CHOIX de dire oui ou non. De faire le bien avec les "cartes" que la vie nous donne ou faire de la merde. 
Non, je ne crois pas que dans ce texte, on parle de destin mais de sérendipité. Que peu importe ce qui nous arrive, si on est intelligent et suffisamment mûr, on devrait pouvoir en tirer un bénéficie à long terme : pour se renforcer, pour faire évoluer son mental, sa relation, pour devenir quelqu'un de meilleur, de plus sensé, de plus courageux, de plus intègre, de plus généreux peut-être. 
Sinon, ça reste une épreuve qui nous a juste brisé et ça n'a aucun sens.

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