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« La culpabilité ne sert à rien. Seule la conscience est ta sœur. Elle te dit la vérité. Elle n'a rien à cacher, à te cacher. Elle est pure. Elle est ce que tu voulais être et que tu n'es pas. »
(Richard Bohringer)
Et si être vraie était une erreur ?
Je me demande parfois… est-ce que j’étais naïve à ce point ?
Est-ce que croire en la pureté d’un regard, en la promesse silencieuse d’une présence immuable, un Amour pour la vie, c’était déjà me condamner à souffrir ?
Je n’ai pas mal à cause d’une série de déceptions.
Non, ce qui me ronge, c’est cette trace que j’ai laissée pour morte : celle d’une femme vraie, entière, honnête.
Celle qui a aimé sans masque, sans filet, sans calcul. Avec une confiance absolue.
Je ne pleure pas sur toi. Du moins plus maintenant. J'ai compris qui tu étais derrière cette succession de foutus masques.
Je pleure celle que j’étais quand je croyais encore que l’amour récompense ceux qui aiment sincèrement.
Et pourtant, j'ai reçu en pleine face (au cas où je ne l'aurais pas assez compris) que ce sont souvent les âmes les plus justes, les cœurs les plus loyaux, qui finissent brisés d’avoir trop donné à ceux qui n'en voyaient pas la valeur sacrée.
Pourquoi est-ce que les personnes vraies et idéalistes ont si peu de chance en amour ?
Pourquoi faut-il que la tendresse tranquille soit méprisée, les sentiments sincères caricaturés sous le masque de la routine et la vérité malmenée pour cacher des vices ?
Pourquoi les hommes veulent tellement être magnifiques et dignes d'Amour et à la fois si peu capables d'assumer cet Amour dans le temps, en toute conscience ?
Pourtant, je ne regrette pas d’avoir aimé.
Mais j’ai mal de voir que l’Amour, lui, n’a pas su me reconnaître. Me rendre.
Et soudain…
Je me découvre dure.
Promptement irritable.
Mes mots blessent sans que je le veuille.
Je ne tolère plus grand-chose. Je me détache de moi-même et je sens l'indifférence grandir chaque jour. La lassitude, la résignation. Plus d'envies, plus de joies. Ils ont tué ça aussi en moi. Ce sourire de rien que j'avais même face aux plus petites choses.
Et ce qui me fait mal aussi, c’est que je n’ai jamais été ainsi.
Au fond de moi, j'avais tant de douceur, de tendresse et de compassion.
Je sais que je ne suis pas cette personne sombre que je semble être.
Mais je ne peux pas faire "machine arrière."
Quelle ironie d'employer leurs mots, à eux, les traîtres.
La différence, c'est que je subis quelque chose que je n'ai pas cherché, pas mérité.
Et je refuse de "guérir" si guérir c'est oublier. Non, je n'oublierai ni ne pardonnerai. Jamais.
Ils ont tu, tué, volé trop de choses en moi.
Il ne subsiste que le fantôme de celle qui savait aimer sans peur et dans l'harmonie. La résonance jumelle de deux êtres qui s'aiment avec la même force, la même douceur et la même loyauté. Voilà ce que je croyais vivre. Aujourd'hui, je survis avec des souvenirs. Les beaux et les nauséeux, aussi douloureux les uns que les autres. Et un Amour qui ne sait plus où aller.
Un Amour mort-vivant qui n'a plus d'objet à sa mesure et dont le sujet s'étiole dans un enfer banal.
Et je me souviens qu’aimer comme ça, ce n’était pas de la naïveté, c’était du courage.
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