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Le pire jour dans une vie n'est pas toujours celui qu'on croit.
Ce n’est ni un enterrement, ni un anniversaire gâché, ni un moment de crise dévastatrice ou de grande souffrance quand l'adrénaline prend le relais et qu'on réagit à chaud.
Ce n’est pas une date marquée sur un calendrier.
Non. Le pire jour, c’est un jour ordinaire.
C’est ce moment où quelque chose de beau t'arrive à nouveau et que tu réalises que plus rien ne sera jamais comme avant. C'est le moment où l'envie de sourire te fait mal, elle paraît même saugrenue. Ce moment où tu ne peux plus courir pour partager une joie avec quelqu'un, l'esprit libre et en paix. Parce qu'il y a eu la perte, le deuil, la déception. Et qu'on est marqué. Irrémédiablement.
C'est le moment où tu vois la joie et surtout l'insouciance des autres et que tu réalises que tu ne peux plus les ressentir.
C’est ce moment où la douleur de la mémoire frappe, et que ces bras solides pour te réconforter et cette voix fiable pour te guider ne sont plus les mêmes.
Le pire jour, c’est simplement un jour comme les autres, où tout semble normal, mais où le beau et le bon peuvent juste être cruels.
Parce que ce n'est pas le monde au-dehors qui a changé.
C'est soi-même.
En moi cohabitent deux femmes que seul mon cœur relie.
L’une s’effondre en silence, se fissure pour un rien, cache ses larmes comme on cache une blessure honteuse.
L’autre se redresse, fière, sourit même quand tout brûle, et répète “je vais bien” avec la force de celles qui n’ont plus le choix.
L’une voit dans la vie un combat perdu d’avance, l’autre continue d’y chercher des éclats de lumière au milieu du désordre.
Entre elles, je me tiens, à la fois cassée et debout, une âme fendue.
La plus grande bataille n’est pas dehors ni entre deux personnes.
Elle est entre ce que tu ressens et ce que tu penses.
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